« Il n’y aura pas dévaluation »

Les rumeurs sur une éventuelle dévaluation du Fcfa enflent et suscitent des inquiétudes au sein de la population béninoise en général. Dans un entretien accordé à ‘’ Le Matinal’’ au cours de sa visite des stands et expositions sur l’emploi, le 15 décembre 2011 au Palais des congrès, l’ex-président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané (Abt) soutient qu’il n’y aura pas dévaluation du Fcfa. Lire ci-dessous l’intégralité de son entretien.

Le Matinal : Quelles sont vos impressions sur le salon sur l’emploi ?

Abdoulaye Bio Tchané : Ce sont les jeunes qui sont pour la plupart ici. La deuxième chose, c’est l’emploi. Ce sont deux sujets qui m’intéressent particulièrement parce qu’ils interpellent notre communauté aujourd’hui. Ce sont des sujets qui interpellent le Bénin et particulièrement tous ceux qui s’intéressent aux questions de développement comme moi.

Que retenez-vous de la visite des stands et expositions ?

D’abord, j’ai été impressionné comme d’habitude. Ce que je retiens, c’est que notre jeunesse est enthousiaste, elle est entreprenante. J’ai vu ici un stand sur l’informatique et l’internet que vous pouvez voir partout dans le monde en particulier dans les pays les plus développés. C’est dire que nous avons ici au sein de notre jeunesse béninoise, des gens qui ont des compétences qu’on peut retrouver ailleurs et particulièrement dans les grands pays. C’est ça qui est enrichissant. C’est ça qu’il faut travailler. C’est à partir de là qu’il faut donner à ces jeunes les opportunités qu’ils méritent.

Quelles vous inspire le fort taux de chômage au Bénin ?

C’est intéressant, parce que je viens d’avoir une discussion avec les experts de ces questions statistiques. Il y avait une sorte de désaccord entre nous sur la mesure de l’emploi et du sous emploi. Le taux de chômage qu’ils affichent officiellement me parait en effet très bas. Il ne correspond pas à la réalité. Ils considèrent que c’est plutôt du sous-emploi qu’il s’agit. Ce que je retiens, c’est que nous avons un gros travail de déblaiement statistique à faire. Parce que personne ici, encore moins parmi les jeunes, n’acceptera pas que nous avons un taux de chômage de moins de 1%. Ce que ça veut dire, c’est que nous avons besoin de travailler sur les concepts et les statistiques qui nous permettent d’appréhender le phénomène, parce que pour combattre quelque chose, il faut le connaitre. Pour trouver des solutions au chômage dans notre pays, il faut appréhender le phénomène. Il faut savoir où sont ces jeunes. Quels sont leurs problèmes ? Qu’est ce qu’ils souhaitent faire ? A partir de là, on peut décliner les différentes solutions qui vont permettre de répondre non seulement aux problèmes macro économiques, mais aux sollicitations de ces jeunes. Je retiens de cette discussion qu’il y a un gros travail à faire non seulement au niveau des statistiques, mais également sur le fond qui est de trouver des politiques et mesures qui permettent de donner satisfaction à ces jeunes dans le domaine de l’emploi.

Quelles sont vos perspectives pour l’avenir des jeunes ?

Quand je regarde les jeunes, quand j’écoute ces jeunes, quand je discute avec eux, je ne fais que partager leur optimisme au Bénin et partout en Afrique .Regardez tout simplement les statistiques fondamentales de notre pays et du reste de l’Afrique. Vous verrez que nous sommes le continent le plus riche. Vous verrez que nous sommes sur un continent qui a en proportion de sa population, la plus grande jeunesse. C’est vrai que nous avons des jeunes qui sont de mieux en mieux formés. Nous avons des jeunes qui sont très entreprenants et optimistes au Bénin. Moi je ne peux que partager cela.

Comment appréciez-vous le niveau de corruption au Bénin ?

On peut toujours se référer aux statistiques internationales, parce que chacun de nous peut avoir une opinion personnelle. On peut dire que c’est suffisant ou que ce n’est pas suffisant. Il faut saluer le fait que le gouvernement ait célébré cette journée pour attirer l’attention du secteur public et du secteur privé sur ce phénomène. Si je me réfère aux indices internationaux, c’est clair que nous avons des efforts à faire dans tous les domaines. L’année dernière ou au début de cette année, il y a une loi qui a été votée sur ce sujet. Cette loi marque un progrès. Dans la pratique, c’est clair qu’il y a encore des insuffisances. Rappelez-vous hier ou avant hier, il y a une ministre de la République qui a fait une déclaration à ce sujet. Nous avons du chemin à faire. Il suffit d’être sur la route Cotonou-Hilacondji, Cotonou-Semè, ou sur l’axe Cotonou-Bohicon pour voir ce qui se passe. Nous avons beaucoup de choses à faire encore. Il y a des marchés publics sur lesquels il y a beaucoup de choses à dire. Moi je salue le fait que le gouvernement ait pris des initiatives pour organiser cette journée, pour attirer l’attention des acteurs publics et privés sur le phénomène. Car la corruption n’est pas seulement le détournement du bien public. Sachez qu’il y a aussi certaines pratiques individuelles qu’on peut appeler petite corruption. Voyez dans les centres publics, voyez dans les écoles, voyez dans les centres de santé, les gens qui prennent des médicaments et s’en vont. Nous avons des efforts à faire, parce que si nous voulons le développement social et économique de notre pays, on doit enregistrer des progrès importants dans ce domaine.

Depuis quelques jours, des rumeurs liées à la dévaluation du Fcfa se répandent dans toute l’Afrique et au Bénin aussi. Quel est votre avis sur ces rumeurs ?

Je vais vous dire une chose. Retenez seulement qu’il n’y aura pas dévaluation du Franc cfa. Il n’y aura pas dévaluation du Franc cfa.

Le Matinal

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